HYam, la jeune scène méditerranéenne à l’honneur

Née à l’initiative de Pauline Simons, HYam (comme Hydra for Artists of the Mediterranean) soutient des jeunes artistes via le Prix de la jeune scène artistique méditerranéenne. Celui-ci, qui devrait être biennal, mettra à chaque fois à l’honneur un pays différent.

Pour cette première édition, Pauline Simons, journaliste spécialiste du marché de l’art, a exploré la scène grecque et chypriote. Elle a soumis une sélection d’artistes à un jury international, composé de directeurs d’institutions, de galeristes, d’artistes…, qui a désigné une lauréate, Maria Tsagkari. Après avoir accueilli la remise du prix, la maison de vente Artcurial présentait du 8 au 17 janvier 2016 les derniers travaux des quatre finalistes : Rania Bellou, Marianna Christofides, Maria Tsagkari et Athanasios Zagorisios.

L’exposition était placée sous le signe du point d’interrogation, tourné vers l’avenir immédiat d’un pays et d’un continent en situation transitoire.

Les œuvres des quatre artistes, très différentes, sont quant à elles bien affirmées. Le mur de la première salle donne un aperçu du travail de Maria Tsagkari, la lauréate. Oscillant entre héritage romantique et utopie moderne, l’artiste invente un nouveau credo, qu’elle nomme « The Blue as the new Green ». Dans ce monde où les plantes seraient figées et revêtues de bleu, tout reste à inventer.

Athanasios Zagorisios se penche lui aussi sur les phénomènes naturels et les secrets de la science. Il en fait la démonstration dans des installations subtiles, qui mettent en œuvre le très poétique « processus de sublimation ».

Les dessins de Rania Bellou sont d’un tout autre ordre. Jouant avec les transparences de plusieurs feuilles superposées, elle rend tangible l’effacement entre les récits personnels et collectifs. Elle invite le spectateur à composer ses propres histoires à partir des images qu’elle puise dans des archives ou journaux intimes. Dans sa vidéo, Marianna Christofides révèle elle aussi à quel point les frontières que nous croyons fixées sont floues. La succession d’images de Days in Between, à la fois belles et incertaines, nous entraîne dans son cheminement à travers les Balkans.

Si l’exposition a eu lieu à Paris, la prochaine étape se tiendra sur l’île grecque d’Hydra. Devenue place pour l’art contemporain par la présence de nombreux mécènes et collectionneurs, l’île verra se construire au fil des éditions un parcours d’œuvres dans l’espace public. Une œuvre de Maria Tsagkari sera installée cet été, en attendant les lauréats des prochains éditions.

Photo de une : Maria Tsagkari, lauréate du Prix de la Jeune Scène Artistique Méditerranéenne devant son œuvre Heinrich Did It, 2016, installation, Exposition Erotimatiko / HYam / Artcurial, janvier 2016 // Crédit photo : Jean Picon

Le site du projet : http://hyam.fr/

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