Fading landscapes I

2013-2014.

“Mes images se constituent à partir de plusieurs couches. D’abord il y a la prise de vue. J’ai la chance de pouvoir beaucoup voyager et de voir des choses qui m’émeuvent profondément – par exemple les paysages de l’Islande, vraiment métaphysiques. Ensuite, j’imprime certaines de mes photos sur un papier translucide et j’en associe plusieurs pour retrouver ce que j’ai ressenti, ce que j’essaie de montrer. Alors, lorsque certaines images s’associent, quelque chose se passe, se recrée. Enfin, la troisième étape est celle où je dessine à la pointe sèche au revers de mon image. Ce travail d’embossage blanchit le papier là où passe la pointe sèche et lui donne du relief. La forme embossée apparaît dans le papier comme une cicatrice. Du coup, c’est vraiment dans la matière du calque qu’apparaissent les paysages : leurs couleurs sont diffusées depuis les profondeurs, et les formes embossées poussent à sa surface. L’intérêt est que l’image se charge d’une atmosphère. Les formes ne sont plus seulement définies par leurs contours, elles s’estompent en partie dans une sorte de brume. Ces changements perpétuels sont très perceptibles, par exemple, lorsqu’un paysage intègre un élément aqueux, parce que l’eau connaît un grand nombre d’états – elle peut être glace, ou mer, ou pluie, ou vapeur, c’est une matière qui se transforme en permanence, elle n’est pas figée. C’est un peu la métaphore de cet insaisissable que j’essaie de capter.”

Extrait de Trois questions à Juliette-Andréa Elie (Propos recueillis pas Jeanne de Bascher)

Voir la page de Juliette-Andréa Elie

Vous souhaitez promouvoir votre travail ?
Remplissez le formulaire de demande de page Créateur